« On ne fait plus l’apologie d’Abraham-Louis Breguet, tant il a révolutionné la mécanique et l’esthétique des garde-temps. » Ces mots de Christophe Roulet, journaliste spécialisé en horlogerie, illustrent parfaitement l’image laissée par un homme qui demeure incontournable près de trois siècles après sa naissance. Il faut dire que Breguet n’a cessé d’innover dès la fin du XVIIIe siècle, élevant son domaine au rang d’art, convoité par l’ensemble des élites de l’époque.
Les montres des élites
Qui d’autre que Marie-Antoinette a autant promu la maison Breguet dans les Cours de cette fin du 18e siècle ? C’est grâce à elle que bon nombre de monarques, d’empereurs et de rois se sont fournie chez Breguet. D’ailleurs en 1783, elle lui fait une commande un peu spéciale : une montre qui concentre toutes les complications de l’époque.
Après elle, on peut citer Bonaparte, qui lui commande en 1798, une montre à répétition, une montre perpétuelle et une pendulette. Puis Selim III, sultan Ottoman et le tsar de Russie, Alexandre Ier. Ou encore Caroline Murat, reine de Naples, qui recevra en 1808, la toute première montre conçue pour être portée au poignet.
En près de 50 ans, Abraham-Louis Breguet a révolutionné l’horlogerie, y posant ainsi son empreinte de manière indélébile.
Des exploits mécaniques et esthétiques
La montre automatique en 1780, le dispositif Pare-Chute, et la spirale Breguet côté mécanique. Côté esthétique : le guillochage en 1786, les aiguilles Breguet, en forme de cercle évidé, qui restent aujourd’hui un élément emblématique du design horloger. Et comment ne pas évoquer, ce qui sera sûrement la plus grande innovation de sa vie : le Tourbillon. Ce mécanisme qu’il invente en 1801 vise à améliorer la précision en compensant les effets de la gravité sur le balancier, la pièce qui régule le mouvement de la montre.
Comment un homme en arrive-t-il à devenir un tel génie dans son domaine ? Il y a quelques éléments qui peuvent nous mettre sur la piste de celui qui fondera en 1775, une des maisons horlogères les plus iconiques : la maison Breguet.
Entre de bonnes mains
Il naît le 10 janvier 1747 à Neuchâtel, en Suisse. Son beau-père, lui-même fabricant de montres, le place en apprentissage dans le Val-de-Travers. Une région alors connue pour son horlogerie. Ils effectuent ses premiers pas dans cet univers encore peu avancé. Avant de prendre la direction de Versailles. Sous l’égide de Ferdinand Berthoud, horloger de renom et de Jean-Antoine Lépine, horloger du Roi, il perfectionne son art. C’est son désir d’innover qui d’abord va l’amener à améliorer les montres à gousset, avant de révolutionner l’industrie horlogère.
Après près d’une décennie de formation, il fonde donc sa propre maison horlogère, quai de l’Horloge à Paris. Il a alors 28 ans, et cet emplacement stratégique, sur l’île de la Cité, en plein cœur de la capitale, va très rapidement le faire connaître de l’Élite française. Ses premières innovations, en particulier celle de la montre automatique – l’une des plus importantes de l’histoire de la montre – vont asseoir la réputation de la maison, au même titre que celle de son fondateur.
Il sera ensuite nommé Horloger de la Marine Royale en 1815 et recevra la Légion d’honneur, pour ses services rendus à l’industrie et à la science, avant de s’éteindre à 76 ans, au terme d’une vie exceptionnelle.
L’héritage du génie
À sa mort, son fils, Antoine-Louis Breguet, reprend la direction de la maison. Elle traverse depuis les époques. Breguet fait aujourd’hui partie du Swatch Group, un des plus grands conglomérats horlogers au monde.
Pour Tempus Nobilis, média spécialisé horlogerie, « il était un visionnaire qui comprenait l’importance de l’innovation, non seulement pour améliorer la fonctionnalité des montres, mais aussi pour élever l’art horloger à un niveau supérieur ». En effet, ses inventions, du tourbillon à la montre perpétuelle, et son exigence du détail ont posé des fondations majeures dans la conception de la montre, inspirant toujours les contemporains. Et bien sûr es montres de la marque continuent d’être synonymes de luxe, d’innovation et de précision, perpétuant son héritage.

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